LETTRE PATRIMONIALE – POINT MARCHÉ & OPPORTUNITÉ D’INVESTISSEMENT
Bilan des marchés · Perspectives · Comprendre les Produits Structurés
BILAN DES MARCHES FINANCIERS DEPUIS LE DEBUT DE L'ANNEE
Les marchés actions : un premier semestre en deux temps, l’Amérique reprend la main.
Après une fin d’année 2025 positive (le CAC 40 avait progressé de près de 10,4 % sur l’ensemble de l’exercice) , le début 2026 a été marqué par une volatilité accrue, principalement alimentée par les annonces tarifaires de l’administration Trump et leurs répercussions sur les chaînes de valeur mondiales.
Paradoxalement, ce sont d’abord les marchés européens qui ont tiré leur épingle du jeu au premier trimestre, portés par les dépenses de défense, la résilience du secteur bancaire et des valorisations toujours attractives. Mais le deuxième trimestre a rebattu les cartes : porté par un rallye spectaculaire des valeurs liées aux semi-conducteurs et à l’intelligence artificielle (SanDisk, Micron, Intel, Marvell, AMD), le S&P 500 a signé son meilleur trimestre depuis le rebond post-Covid, avec un gain de +18 % sur la période. L’Eurostoxx 50 (+8,5 % sur le semestre) est resté proche du S&P 500 (+9,3 % en dollars), mais selon une trajectoire inverse : l’indice européen a mené la danse au premier trimestre, avant que la reprise technologique américaine du deuxième trimestre ne permette à Wall Street de repasser devant en toute fin de semestre.
Performances indicatives au 30 juin 2026 — clôture du 1er semestre
Indice / Actif
Performance YTD 2026*
Tendance
CAC 40 (Paris)
+3.1%
⬆ +2,7% en juin — clôture de semestre à 8 404 pts, à moins de 3% du record
EuroStoxx 50 (Europe)
+8.5%
⬆ +4% en juin — meilleur trimestre européen depuis plus de 5 ans
S&P 500 (USA)
+9.3%
⬆ +18% au T2 (IA / semi-conducteurs), pause en juin
Taux OAT 10 ans (France)
+3,6%
➡ Stable, élevé — spread vs Bund ~75 pb
Taux Bund 10 ans (Allemagne)
+2,9%
➡ Légère hausse, BCE en pause depuis juin
Crédit IG Euro
Spread ~60 bps
➡ Resserrement confirmé, point d’entrée toujours correct en absolu
* Données indicatives à titre illustratif. Sources : Bloomberg, Covéa Finance.
Les marchés de taux : une remontée qui questionne
Sur le front obligataire, l’environnement reste complexe. La Banque Centrale Européenne a poursuivi son cycle de baisse des taux directeurs sur la première partie de l’année, avant de marquer une pause en juin (taux de dépôt à 2,25 %) : les taux longs, eux, restent obstinément élevés, soutenus par des déficits budgétaires structurels importants dans plusieurs pays européens, dont la France.
L’OAT française à 10 ans évolue toujours au-dessus de 3,6 %, contre environ 2,9 % pour le Bund allemand — un spread proche de 75 points de base qui reflète à la fois des primes de risque liées aux incertitudes politiques et budgétaires domestiques et la pression globale exercée par les émissions souveraines massives. L’inflation française, elle, ralentit nettement (1,8 % sur un an en juin), ce qui redonne un peu d’air à la BCE. Cette configuration — taux courts stabilisés, taux longs résistants — reste particulièrement favorable aux stratégies de portage obligataire à moyen terme.
PERSPECTIVES POUR LES PROCHAINS MOIS
Le premier semestre 2026 a validé une bonne partie des moteurs attendus en début d’année : détente commerciale progressive, stimulus budgétaire européen, valorisations qui restaient raisonnables au printemps, et une dynamique sectorielle porteuse — défense en Europe, intelligence artificielle et semi-conducteurs aux États-Unis. Ces moteurs ont toutefois été mis à l’épreuve par un épisode de tension aiguë au Moyen-Orient (entrée en guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran), avant une désescalade portée par la reprise des négociations et la réouverture du détroit d’Ormuz. Les marchés ont terminé le semestre proches de leurs records, mais les incertitudes sur les bénéfices des entreprises au second semestre restent entières.
Après un premier semestre finalement bien plus favorable qu’anticipé — indices américains et européens proches de leurs sommets, S&P 500 et Nasdaq en tête après un deuxième trimestre historique — nous maintenons une posture prudente. Elle est portée d’une part par des valorisations désormais plus exigeantes après ce rebond, en particulier sur le segment technologique américain où les premiers doutes sur la rentabilité des investissements massifs dans l’IA commencent à s’exprimer ; d’autre part par la persistance des taux longs à un niveau élevé, qui continue de peser mécaniquement sur la valorisation des actions ; et enfin par les incertitudes entourant la politique monétaire américaine sous la nouvelle présidence de Kevin Warsh à la Fed, les opérateurs de marché anticipant désormais au moins une hausse des taux directeurs d’ici la fin de l’année plutôt qu’une nouvelle baisse.
Cette analyse plaide en faveur d’une réallocation partielle vers des actifs obligataires offrant de la visibilité. Dans ce contexte, nous estimons qu’une approche plus défensive s’impose pour les portefeuilles qui ont bénéficié des hausses des marchés actions. Plusieurs facteurs militent pour une prise de bénéfices sélective :
– Risque d'une révision à la baisse des bénéfices des entreprises au S2 2026, alors que le marché a déjà intégré des attentes de croissance élevées
– Taux longs structurellement élevés pesant sur les multiples de valorisation
– Incertitudes sur la trajectoire des taux directeurs américains sous la nouvelle présidence de la Fed, le marché anticipant désormais possiblement une hausse plutôt qu'une baisse d'ici fin 2026
– Désescalade encore fragile au Moyen-Orient, un regain de tension pouvant raviver la volatilité sur les prix de l'énergie et l'inflation
– Fenêtre d'opportunité sur le segment obligataire crédit avec des rendements actuariels attractifs
C’est dans ce contexte que nous souhaitons vous proposer un arbitrage stratégique : sécuriser une partie des plus-values enregistrées sur vos positions actions et les réorienter vers une solution obligataire à échéance, avant la fermeture de la période de souscription du fonds Covéa Horizon 2031 fixée au 31 juillet 2026.
Notre Sélection*
OPCVM
Performance YTD 2026*
Performance
1 an
Performance
2 ans3
Performance
5 ans
COVEA Action Amérique A
FR0000934937
+10.74 %
+21.01 %
+44.53 %
+50.94 %
COVEA Action Monde A
FR0000939845
+9.51 %
+17.80 %
+34.04 %
+36.49 %
Covéa Perspectives Entreprises A
FR0000939886
+3.65 %
+0.99 %
+13.13 %
+9.68 %
Covea Horizon 29
FR001400SAQ7
+0.98 %
+2.97 %
ND
ND
Covea Horizon 31
FR001400ZN32
+1.21 %
ND
ND
ND
Clartan Valeurs C
LU1100076550
+9.63 %
+24.08 %
+55.57 %
+65.48 %
Dorval Convictions R
FR0010557967
+6.96 %
+11.39 %
+27.45 %
+30.80 %
Covéa Sécurité G
FR0000931412
+0.92 %
+1.80 %
+8.55 %
+9.11 %
COMPRENDRE LES PRODUITS STRUCTURES
Ces dernières années, les produits structurés ont été proposés de manière croissante aux épargnants français. En avril 2025, le Pôle commun ACPR-AMF a publié une cartographie inédite de ce marché : 60 milliards d’euros de collecte en 2024, en hausse de 33 % en un an. Face à ces chiffres, nous souhaitons vous expliquer simplement ce que sont ces produits, comment ils fonctionnent, et pourquoi nous avons fait le choix de ne pas les distribuer.
- Qu’est-ce qu’un produit structuré ?
Un produit structuré est un placement dont le rendement dépend de l’évolution d’un actif financier (un indice boursier, une action ou un panier de valeurs). Sa formule de calcul est fixée à l’avance. En théorie, c’est rassurant. En pratique, cette formule dissimule une mécanique complexe que peu d’investisseurs comprennent réellement.
Le fonctionnement réel : pour 100 € investis, la banque émettrice place environ 80 € dans une obligation zéro coupon — qui reconstituera le capital à l’échéance — et utilise environ 12 € pour acheter des options financières. Les 8 € restants couvrent sa marge et ses frais de structuration, invisibles dans la documentation commerciale.
La forme la plus répandue est l’autocall : à chaque date anniversaire, si l’indice est au-dessus d’un certain seuil, le produit est remboursé avec un coupon. Sinon, il continue — parfois jusqu’à 8 ou 12 ans. Ce n’est pas l’investisseur qui décide : c’est le marché.
- Ce que la brochure met en avant — et la réalité à connaître
Trois arguments reviennent systématiquement dans la présentation commerciale de ces produits. Voici ce qu’ils signifient réellement.
L’argument commercial
Garantie en capital : Le produit protège votre mise initiale.
Rendement attractif : 6 à 7 % par an, présenté comme probable.
Protection partielle : L’indice peut baisser de 40 % avant que vous ne perdiez
Ce qu’on ne vous dit pas
Conditionnelle : Valable seulement à l’échéance et si la banque émettrice reste solvable. En cas de faillite bancaire, la garantie disparaît.
Brut de frais : Les frais sont dissous dans la formule. L’ACPR les qualifie de « difficiles à identifier ». Le rendement net réel peut être nettement inférieur.
Sur un indice décrémenté : La barrière porte souvent sur un indice propriétaire qui perd mécaniquement 2 % de valeur par an. La protection réelle est plus étroite qu’annoncée
- Les risques que personne n’explique
La valeur en cours de vie peut s’effondrer indépendamment de l’indice. Un choc de volatilité (krach boursier) ou une dégradation du risque de crédit de la banque émettrice peut faire chuter la valeur de marché du produit de 20 à 30 %, même si votre indice n’a pas franchi sa barrière. Ces deux effets se cumulent précisément lors des crises — au pire moment.
Les indices propriétaires à décrément. Un tiers des produits sont indexés sur des « indices » créés et calculés par la banque qui vend le produit. Ces indices déduisent chaque année un dividende fictif de 5 % alors que les dividendes réels des entreprises sont souvent de 3 %. Cet écart de 2 % par an réduit mécaniquement la valeur de l’indice chaque année — au bénéfice de la banque, pas du client.
La sortie anticipée est coûteuse. Même sans crise de marché, vendre avant l’échéance génère un coût de liquidité immédiat de 2 % à 5 %, auquel s’ajoutent souvent des pénalités contractuelles.
L’immobilisation du capital. Un autocall peut être remboursé après 1 an comme après 8 ans. Si les marchés stâgnent ou baissent, votre capital peut être fortement impacté — indépendamment de votre situation personnelle.
- Notre choix : la transparence plutôt que la complexité
Nous évitons de distribuer des produits structurés. Ce n’est pas un manque d’offre. C’est une conviction. Notre préférons limiter la proposition des produits structurés à nos clients les plus avertis et proposons des solutions que vous comprenez, dont la valeur est vérifiable à tout moment, et qui restent disponibles si votre situation évolue.
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Notre approche Fonds en euros : Garantie réelle portée par l’assureur. Valeur visible quotidiennement. Aucune condition de marché. Unités de compte : Fonds actions et obligations sur indices transparents. Frais affichés. Liquidité quotidienne. Versements périodiques : Investir régulièrement atténue la volatilité et élimine la question du bon moment. Allocation sur mesure : Construite sur votre horizon réel et votre tolérance aux risques testée en conditions de stress. |
Produit structuré
Garantie conditionnée : Dépend de l’échéance, de la barrière et de la solvabilité de la banque.
Valeur opaque : Dépend de la volatilité, des spreads de crédit et des taux. Invisible pour l’investisseur.
Capital immobilisé : Potentiellement bloqué 1 à 12 ans selon l’évolution des marchés.
Frais invisibles : Dissous dans la formule. Non identifiables par l’investisseur ni, souvent, par son conseiller.
La sophistication ne réside pas dans la complexité. Elle réside dans la capacité à construire une allocation qui atteint vos objectifs dans les bons scénarios et résiste dans les mauvais — avec des instruments que vous comprenez pleinement.