LETTRE PATRIMONIALE – POINT MARCHÉ & OPPORTUNITÉ D’INVESTISSEMENT
Bilan des marchés de l’été · Perspectives de fin d’année · Offre de rentrée : fonds à échéance & taux boostés
Bilan des marchés financiers de l'été 2026 ?
Après un premier semestre mouvementé mais finalement favorable aux marchés financiers, l’été 2026 invite à regarder la suite avec davantage de prudence.
Les marchés actions restent proches de leurs sommets, les valeurs technologiques américaines ont retrouvé une dynamique particulièrement forte, tandis que les taux longs demeurent élevés. Dans le même temps, le marché immobilier continue de s’adapter à un environnement profondément transformé par la remontée des taux.
Alors, à l’approche de la rentrée, faut-il continuer à profiter de la dynamique des marchés, sécuriser une partie des gains réalisés ou réexaminer certaines allocations patrimoniales ?
Dans notre Lettre Patrimoniale d’août 2026, nous faisons le point sur la situation des marchés et consacrons également un dossier à un placement bien connu des épargnants français : les SCPI.
Des marchés financiers qui ont changé de visage
Les marchés actions : un été en dents de scie, entre records et rechute d’août
Après un premier semestre 2026 porté par le rallye technologique américain, l’été a d’abord confirmé la tendance haussière avant de la faire dérailler en fin de parcours. Début août, la détente sur les prix du pétrole — portée par l’espoir d’une réouverture du détroit d’Ormuz — a propulsé le CAC 40 vers un nouveau record historique à 8 693 points le 5 août, dans le sillage de résultats d’entreprises bien accueillis et d’un marché toujours porté par les paris sur l’intelligence artificielle outre-Atlantique.
Le vent a tourné à la mi-août. Après huit séances consécutives de hausse entre le 29 juillet et le 10 août (+3,78 %), le CAC 40 a enchaîné huit séances de baisse à la suite — une série inédite depuis 2017 — avant de terminer le mois sur un repli de 2,1 %, sa pire performance mensuelle depuis mars. Plusieurs facteurs se sont conjugués : la reprise des frappes entre Téhéran et Washington dans le détroit d’Ormuz fin août, qui a fait remonter le Brent vers 90 dollars ; un discours de Kevin Warsh, le nouveau président de la Fed, jugeant l’inflation américaine « préoccupante » lors du symposium de Jackson Hole ; et la confirmation, le 28 août, de la note souveraine française A+ par Fitch, assortie d’un rappel sur la trajectoire du déficit (5,2 % du PIB attendu en 2026).
Les marchés de taux : la BCE change de cap
Après plus de deux ans de cycle baissier, la Banque Centrale Européenne a amorcé un revirement : une première hausse de 25 points de base en juin 2026 a porté le taux de dépôt à 2,25 %, une première depuis 2023. Le Conseil des gouverneurs a maintenu ce niveau lors de sa réunion du 23 juillet, sans exclure un nouveau tour de vis. La prochaine réunion, les 9 et 10 septembre, sera accompagnée des nouvelles projections macroéconomiques de l’Eurosystème — un rendez-vous que le marché surveille de très près, ces projections pesant souvent davantage sur les taux longs que la décision elle-même.
L’OAT française à 10 ans, qui avait franchi le seuil des 4 % le 23 juillet pour la première fois depuis 2009, a poursuivi sa progression pour atteindre un nouveau record depuis 2011-2012, au-delà de 4,15 % fin août. Le maintien, le 28 août, de la note A+ de la France par Fitch — assorti d’une perspective stable mais de mises en garde sur la trajectoire de la dette (118,3 % du PIB) — n’a pas suffi à détendre le spread OAT/Bund, resté large, autour de 85 points de base. Moody’s et S&P doivent rendre leur propre verdict en octobre et en novembre. Cette configuration — taux durablement élevés, budget contraint, prime de risque politique persistante — continue de favoriser les stratégies de portage obligataire à moyen terme.
Perspectives pour la fin d'année
L’automne 2026 s’annonce dense en rendez-vous macroéconomiques. Le 10 septembre, la BCE publiera ses nouvelles projections d’inflation et de croissance à trois ans, un événement qui pourrait peser davantage sur les marchés que la décision de taux elle-même. Le 30 septembre, le gouvernement présentera son projet de budget 2027, dernier budget du quinquennat, dans un climat politique toujours tendu depuis la dissolution de 2024. Le 1er octobre, la Banque de France révisera les taux d’usure, avec des conséquences directes sur l’accès au crédit immobilier. Moody’s et S&P rendront enfin leur propre verdict sur la note souveraine française en octobre et en novembre, dans le sillage du maintien du A+ par Fitch fin août.
Sur les marchés actions, nous maintenons une posture prudente pour la rentrée. Les valorisations restent exigeantes après un été porté par les records, en particulier sur la tech américaine, où le débat sur la rentabilité des investissements massifs dans l’IA continue de s’intensifier. La politique monétaire américaine ajoute à l’incertitude : sous la présidence de Kevin Warsh, la Fed a maintenu son taux directeur entre 3,50 % et 3,75 % le 29 juillet, mais avec une dissidence inédite depuis 2016 de trois présidents de banques régionales favorables à une hausse immédiate. Le ton jugé préoccupé de Kevin Warsh à Jackson Hole fin août a renforcé cette lecture : le marché n’exclut plus un relèvement des taux directeurs américains d’ici la fin de l’année.
Cette analyse continue de plaider en faveur d’une réallocation partielle vers des actifs obligataires offrant de la visibilité. Dans un contexte de taux longs durablement élevés des deux côtés de l’Atlantique, et alors que le risque géopolitique reste vif au Moyen-Orient, plusieurs facteurs militent pour une prise de bénéfices sélective sur les portefeuilles qui ont bénéficié du rallye estival des marchés actions :
Points de vigilance pour la fin d’année
|
Focus sur la clause bénéficiaire
01 Les fondamentaux de la clause bénéficiaire
Le choix de la clause : un droit exclusif du souscripteur
- Le souscripteur dispose d’une liberté totale de choix et peut modifier sa clause à tout moment.
- Point de vigilance : des primes manifestement exagérées peuvent être requalifiées.
- Exceptions à la liberté de choix : les mineurs et les majeurs protégés, pour lesquels seule la clause « les héritiers de l’assuré » est possible, sauf accord du Juge des contentieux de la protection (ex-Juge des Tutelles).
Une clause exécutable
- La CB est un acte unilatéral : sa modification ne requiert pas l’accord de l’assureur, mais toute clause reçue est enregistrée.
- Pour être exécutable, elle doit être lisible, fidèle à la volonté du souscripteur, datée et signée. En cas de difficulté d’interprétation, l’assureur adresse un courrier conseil.
Les clauses interdites
- Ne peuvent être désignés bénéficiaires : l’animal de compagnie, le personnel médical ayant soigné le souscripteur en fin de vie, les membres d’une institution religieuse, ou les mandataires judiciaires à la protection des majeurs.
L’importance de la clause balai et de la désignation subsidiaire
- La clause « à défaut, les héritiers de l’assuré » permet, en cas de prédécès ou de renonciation de tous les bénéficiaires désignés, de garder le capital dans le cadre fiscal avantageux de l’assurance vie.
- Son absence n’est plus automatiquement complétée : si elle est volontaire, il convient de le préciser explicitement lors de l’envoi de la CB.
Des règles élémentaires de rédaction
- Clauses en montant : à proscrire ; si elles sont inévitables, ajouter « dans la limite des capitaux décès présents au contrat ».
- Clauses en pourcentage : vérifier que le total fait bien 100 % ; à défaut, un courrier conseil est envoyé et le reliquat non attribué revient à la succession.
Jurisprudence à retenir : la désignation « par parts égales »
Exemple : un assuré avait désigné « par parts égales mes enfants, à défaut les héritiers de l’assuré », avec 3 enfants dont 1 prédécédé laissant 2 petits-enfants. La jurisprudence impose une double désignation, par la qualité et en quote-part : chaque petit-enfant reçoit la moitié de la part de son parent prédécédé (soit 1/18e chacun ici), et les deux autres enfants se partagent le solde à parts égales (4/9e chacun).
02 Les nouveautés 2026 du clausier - L'évolution de la rédaction
① 21 juin 2026 — Intégration de la représentation en cas de renonciation
Principe : la représentation est un mécanisme de droit civil qui permet aux descendants d’un héritier de prendre sa place dans la succession lorsque celui-ci est décédé ou qu’il a renoncé (article 751 et suivants du Code civil). Ce principe n’était jusqu’ici pas prévu en droit des assurances, sauf mention expresse dans la clause bénéficiaire.
- Impact 1 : la représentation s’applique désormais non seulement en cas de prédécès du bénéficiaire, mais aussi en cas de renonciation.
- Impact 2 : elle permet le remploi des capitaux décès vers des bénéficiaires plus jeunes — un rajeunissement du portefeuille.
Ce que cela change concrètement sur les clauses standards (fusion de la clause conjoint / partenaire de PACS) :
AVANT LE 21 JUIN 2026
CLD 01 — Le conjoint de l’assuré, non séparé de corps, à défaut par parts égales les enfants de l’assuré, nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut les héritiers de l’assuré.
CLD 03 — Les enfants de l’assuré, nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut les héritiers de l’assuré.
CLD 05 — Bénéficiaire nommément désigné ; à défaut, par parts égales, les enfants de l’assuré, nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut les héritiers de l’assuré.
CLD 12 — Les petits-enfants nés ou à naître de l’assuré, vivants ou représentés, par parts égales, à défaut les héritiers de l’assuré.
DEPUIS LE 21 JUIN 2026 — fusion conjoint / partenaire de PACS
CLD 01 — Le conjoint de l’assuré, non séparé de corps, ou le partenaire de PACS de l’assuré, à défaut par parts égales les enfants de l’assuré, nés ou à naître, vivants ou représentés par suite de prédécès ou de renonciation au bénéfice du contrat, à défaut les héritiers de l’assuré.
CLD 03 — Les enfants de l’assuré, nés ou à naître, vivants ou représentés par suite de prédécès ou de renonciation au bénéfice du contrat, à défaut les héritiers de l’assuré.
CLD 05 — Bénéficiaire nommément désigné ; à défaut, par parts égales, les enfants de l’assuré, nés ou à naître, vivants ou représentés par suite de prédécès ou de renonciation au bénéfice du contrat, à défaut les héritiers de l’assuré.
CLD 12 — Les petits-enfants nés ou à naître de l’assuré, vivants ou représentés par suite de prédécès ou de renonciation au bénéfice du contrat, par parts égales, à défaut les héritiers de l’assuré.
Exemple d’application — famille Martin M. Martin a choisi la clause « enfants ». Il a 3 enfants : Lucie (elle-même mère de Lou et Léo), Paul et Anne. À son décès, Lucie souhaite renoncer pour que le capital soit versé à ses propres enfants. ● Ancienne CB « enfants » (pas de représentation par renonciation) : ½ à Paul, ½ à Anne — Lou et Léo ne reçoivent rien. ● CB « enfants » version 2026 (avec représentation par renonciation) : 1/6 à Lou, 1/6 à Léo, 1/3 à Paul, 1/3 à Anne. |
② 21 septembre 2026 — Une clause libre facilitée
AVANT
APRES
Objectif affiché : faciliter la rédaction de la clause bénéficiaire libre, pour des formulations plus précises et personnalisées.
03 La clause à options
Au décès de l’assuré, le bénéficiaire de rang 1 (conjoint ou enfants) dispose de trois choix : accepter la totalité du bénéfice, y renoncer totalement, ou accepter une quote-part au choix (par exemple ¼, ½ ou ¾). La part non acceptée revient alors au bénéficiaire de rang 2 (enfants ou petits-enfants).
Intérêt pour vos clients
- Protection optimale du conjoint survivant : il évalue lui-même, au jour du décès, la quotité dont il a besoin.
- Clause souple et modulable : la quotité peut être fixée en pleine propriété ou en démembrement.
- Optimisation de la transmission : le choix du conjoint peut maximiser les abattements pour les bénéficiaires suivants.
Le bénéficiaire dispose d’un délai de 3 mois, à compter de la date de connaissance du décès par l’assureur, pour se prononcer (modèle type Covéa).
04 La clause bénéficiaire démembrée
Le capital décès est réparti entre un usufruitier — généralement le conjoint, en quasi-usufruit — et un ou plusieurs nus-propriétaires, le plus souvent les enfants.
Le fonctionnement au décès : trois notions clés
- Le quasi-usufruit : l’usufruitier dispose librement des liquidités, à charge d’en restituer l’équivalent à son propre décès.
- La créance de restitution : c’est le droit du nu-propriétaire, applicable au décès du quasi-usufruitier ; elle doit être enregistrée auprès de l’administration fiscale pour être opposable.
- La convention de quasi-usufruit : non obligatoire, elle établit la provenance du quasi-usufruit, son montant et les pouvoirs de chacun (acte authentique ou sous seing privé).
Fiscalité et droits des nus-propriétaires
- Répartition du capital décès et des abattements entre usufruitier et nu-propriétaire selon le barème de l’article 669 du CGI, puis application de la fiscalité 990 I et/ou 757 B du CGI.
- Pour le 757 B, l’abattement non utilisé par le conjoint est réparti entre les nus-propriétaires.
- Les nus-propriétaires doivent impérativement transmettre les documents d’enregistrement de la créance de restitution pour qu’elle s’applique, et se manifester auprès du notaire en charge de la succession au décès du quasi-usufruitier.
À retenir
|
Ce document est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.