Edito Octobre 2026

LETTRE PATRIMONIALE – POINT MARCHÉ & OPPORTUNITÉ D’INVESTISSEMENT

Bilan des marchés de septembre · Perspectives de fin d’année · Bâtir une base patrimoniale solide

Bilan des marchés financiers de septembre 2026

Les marchés actions : septembre rattrapé par la flambée des taux

Le mois de septembre a confirmé la rechute amorcée à la mi-août. Le CAC 40 a cédé 4,4 % sur le mois pour clôturer le 30 septembre à 7 964 points, repassant sous le seuil des 8 000 points pour la première fois depuis le 20 mai. L’indice parisien efface ainsi l’intégralité de ses gains de l’année et repasse en territoire négatif (-2,3 % depuis le 1er janvier), moins de deux mois après son record historique du 5 août. Wall Street a nettement mieux résisté : le S&P 500 n’a cédé que 0,4 % sur le mois, porté par la technologie.

Trois facteurs se sont conjugués. L’énergie d’abord : faute d’avancée dans les discussions entre Téhéran et Washington, et alors que l’Iran refuse de garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, le Brent a nettement progressé pour approcher, puis dépasser début octobre, les 100 dollars le baril. L’inflation ensuite : 3,0 % sur un an en France en septembre, au plus haut depuis février 2024. Enfin et surtout, la remontée brutale des taux longs, qui a pesé sur les valorisations — avec, en toile de fond, l’incertitude politique française à sept mois de l’élection présidentielle.

Performances indicatives au 30 septembre 2026

Les marchés de taux : tension historique sur la dette française

La BCE a confirmé son virage le 10 septembre en relevant ses trois taux directeurs de 25 points de base — deuxième hausse en trois mois —, portant le taux de dépôt à 2,50 %. Avec une inflation de 3,2 % en août en zone euro, tirée par l’énergie, les nouvelles projections de l’Eurosystème tablent sur 3,0 % en 2026 puis 2,5 % en 2027, toujours au-dessus de la cible de 2 %. Outre-Atlantique, la Fed de Kevin Warsh lui a emboîté le pas le 16 septembre, à l’unanimité : sa fourchette passe à 3,75 %-4,00 %, première hausse depuis juillet 2023, et un nouveau relèvement n’est pas exclu d’ici la fin de l’année. Le rendement du Trésor américain à 10 ans a dépassé 5 %.

C’est toutefois la dette française qui a concentré l’attention. L’OAT à 10 ans, à 4,16 % fin août, a franchi 4,5 % à la mi-septembre — un niveau inédit depuis l’automne 2008 — pour atteindre 4,80 % le 30 septembre, avant de toucher brièvement le 1er octobre un plus haut depuis 2002, à l’approche des 5 %. L’écart avec le Bund allemand a franchi le seuil symbolique des 100 points de base le 18 septembre, une première depuis 2012, puis s’est creusé jusqu’à 120 points de base en fin de mois et autour de 140 points de base début octobre. Signe du malaise, la France emprunte désormais plus cher que l’Italie : le marché sanctionne moins le niveau de la dette que la difficulté à en infléchir la trajectoire, dans une Assemblée sans majorité. Pour l’investisseur obligataire, cette configuration ouvre en revanche des points d’entrée rarement observés depuis quinze ans sur les stratégies de portage à moyen terme.

Perspectives pour la fin d'année

Le dernier trimestre s’ouvre sur un calendrier chargé. Présenté le 1er octobre, le projet de budget 2027 — dernier du quinquennat — prévoit un effort de 54 milliards d’euros, dont 43 milliards de mesures nouvelles, pour ramener le déficit de 5,4 % du PIB attendu en 2026 à 5 % en 2027. Il repose sur une hypothèse de croissance de 1 % jugée optimiste par le Haut Conseil des finances publiques (la Banque de France table sur 0,9 %), et son adoption dans une Assemblée sans majorité reste incertaine. Les agences de notation suivront les débats de près : Moody’s doit se prononcer sur la note souveraine française en octobre, S&P en novembre. Côté monétaire, la BCE se réunira le 29 octobre puis le 17 décembre, avec de nouvelles projections, et la Fed fin octobre. Enfin, les taux d’usure applicables depuis le 1er octobre progressent de 0,11 point sur les prêts immobiliers de plus de 10 ans (4,68 % entre 10 et 20 ans, 5,40 % au-delà), reflet du renchérissement du crédit.

Sur les marchés actions, nous restons prudents. Bien que la correction de septembre ait ramené la Bourse de Paris sous ses niveaux de début d’année, l’environnement reste peu porteur pour les actions européennes : remontée des taux sans risque qui pèse mécaniquement sur les valorisations, croissance atone (0,5 % attendue en France en 2026), consommation des ménages en repli et faible exposition au thème de l’intelligence artificielle. Aux États-Unis, la résistance des indices repose largement sur la tech, dont les valorisations restent exigeantes, alors que la Fed vient d’entamer un cycle de resserrement : historiquement, les actions ont souvent peiné dans les mois suivant une première hausse de taux. Les premiers jours d’octobre l’illustrent : après avoir touché un plus bas de trois mois et demi, les marchés européens n’ont rebondi qu’à la faveur d’une détente des taux et de l’annonce par le G7 d’un déblocage de réserves pétrolières.

Cette analyse renforce notre conviction en faveur d’une réallocation partielle vers des actifs obligataires offrant de la visibilité. Avec des taux longs revenus en France sur des niveaux inédits depuis plus de quinze ans, et alors que le risque géopolitique reste élevé au Moyen-Orient, plusieurs facteurs militent pour sécuriser une partie des gains et figer des rendements aujourd’hui particulièrement attractifs :

Points de vigilance pour la fin d’année

  • Valorisations exigeantes sur la tech américaine, seul moteur de la résistance de Wall Street, et décrochage des actions européennes depuis fin juillet
  • Fed et BCE désormais toutes deux en cycle de hausse (25 pb chacune en septembre), avec un risque de nouveau tour de vis d’ici la fin de l’année
  • Retour de l’inflation : 3,0 % en France en septembre, au plus haut depuis février 2024, tirée par l’énergie
  • Tensions persistantes au Moyen-Orient autour du détroit d’Ormuz, Brent autour de 100 dollars
  • Budget 2027 sous haute tension dans une Assemblée sans majorité ; verdicts de Moody’s (octobre) et S&P (novembre) attendus sur la note française
notre sélection placement

Bâtir une base patrimoniale solide

L'ordre compte autant que les placements

Avant de chercher le meilleur rendement, il faut savoir ce que l’on protège. Un patrimoine robuste se construit par étages : chacun ne tient que si celui du dessous est en place. Brûler les étapes, c’est s’exposer à devoir vendre au mauvais moment.

Stratégie de placements dans un ordre bien défini

1 · Se protéger d’abord. Une épargne de précaution disponible et une couverture des risques majeurs : décès, invalidité, responsabilité, habitation. C’est le socle qui évite de tout remettre en cause au premier accident de la vie.

2 · Sécuriser son toit. La résidence principale reste un pilier : elle allège le coût de la vie à la retraite et met la famille à l’abri. Son financement doit s’accompagner d’une assurance emprunteur adaptée.

3 · Faire fructifier l’épargne longue. Assurance vie, PER, épargne salariale : des enveloppes souples, alimentées régulièrement, avec un horizon défini pour chaque objectif.

4 · Diversifier avec méthode. Actions, unités de compte, immobilier collectif : des supports que l’on comprend, liquides et cohérents avec l’horizon. La complexité n’est jamais un gage de performance.

5 · Organiser la transmission. Clauses bénéficiaires rédigées sur mesure, donations anticipées : une transmission efficace se prépare des années à l’avance, pas au dernier moment.

Zoom sur l'étage 1 - Assurance vie et Prévoyance : un duo, pas un choix

Avant de chercher le meilleur rendement, il faut savoir ce que l’on protège. Un patrimoine robuste se construit par étages : chacun ne tient que si celui du dessous est en place. Brûler les étapes, c’est s’exposer à devoir vendre au mauvais moment.

Une épargne en cours de constitution ne suffit pas toujours à protéger ses proches. Un contrat de prévoyance comble l’écart le temps que le capital se construise, et relève du même cadre fiscal favorable que l’assurance vie.

Exemple. Un assuré de 50 ans détient 400 000 € sur son assurance vie et un capital décès prévoyance de 300 000 € (cotisation annuelle de 1 000 €). Ses deux enfants sont bénéficiaires à parts égales. Côté prévoyance, seule la dernière cotisation entre dans l’assiette taxable.

3 à 6 mois

de dépenses courantes : le repère usuel pour l’épargne de précaution.

152 500 €

d’abattement par bénéficiaire sur les capitaux issus de primes versées avant 70 ans (art. 990 I du CGI).

30 500 €

d’abattement global sur les primes versées après 70 ans (art. 757 B du CGI).

Notre conviction

Un bon patrimoine n’est pas celui qui rapporte le plus, c’est celui qui tient quand la vie se complique.

Exemple illustratif, hors prélèvements sociaux, tarification hypothétique. Fiscalité en vigueur à la date de rédaction, susceptible d’évoluer.

Ce document est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.

Sommaire

Nos derniers articles

Défiler vers le haut